Vous êtes ici : Accueil > Toutes les actualités

Actualité

Accéder aux flux rss de notre siteImprimer la page

Avec le retour des fortes chaleurs, la pousse estivale s’installe

Semaine 27 - Après avoir relevé plus d’un mois à 60 kg, la croissance de l’herbe s’établit pour cette fin juin à 39 kg de MS/jour/hectare. Le retour des fortes chaleurs de la semaine dernière explique pour beaucoup cette diminution de la pousse d’herbe.

Surtout et d’abord, évitez le surpâturage en période estivale

Même si le maintien de l’herbe pâturée est un choix économique judicieux, en période estivale il est indispensable de ne pas sur-pâturer vos prairies (< à 4 cm ou < hauteur talon botte) afin de ne pas compromettre la repousse d’automne. Le retour des animaux en bâtiment ou en parcelle(s) "parking" avec distribution de fourrages devient alors la stratégie gagnante faute d’herbe à pâturer.

Pour rappel, avec une croissance estivale de 30 kg de MS/jour/ha, le gain est d’à peine 1 cm par semaine.  Vous sortez actuellement à 5-6 cm ou hauteur talon botte, pour rentrer à 11 cm ou hauteur cheville, 5 à 6 semaines de temps de repousse seront donc nécessaire.

Vous n’oublierez pas de vous assurer également de la disponibilité en herbe pour l’ensemble de vos lots. Avec des lots éloignés et le début des moissons, on oublie souvent les autres catégories d’animaux….mais les génisses d’aujourd’hui seront bien vos vaches de demain !

Limitez le stress thermique

La vache ne dispose que d’un moyen pour réduire la T°C de son corps face aux fortes chaleurs d’été : manger moins pour produire moins de chaleur corporelle en digérant. Moins d’ingestion, donc moins de lait, mais aussi moins de TB.

Pour atténuer ce stress thermique : favorisez l’accès à une eau propre et abondante, privilégiez les parcelles ombragées en pâturage journée et la ventilation de vos bâtiments, n’hésitez pas à fractionner les repas tout en privilégiant la distribution du principal repas plutôt le soir, veillez à la densité énergétique de la ration tout en reconcentrant cette dernière en Na, K et Mg, et pour finir, envisagez la distribution de bicarbonate de sodium à raison de 150 à 200 g par vache et par jour. En période de stress thermique, la salive est moins riche en substances tampons.

Envisagez des semis de dérobées d’été

Même si la production de ces dérobées est dépendante de la pluviométrie estivale, suite aux conditions humides du mois dernier, et du retour des orages, il peut être judicieux de mettre en place des dérobées derrière orge pour consolider vos stocks ou pour pâturer cet automne.
Différentes solutions s’offrent à vous : du RGI seul alternatif plutôt tétraploïde si pâture ou plutôt diploïde si fauche. Ce RGI peut être associé de préférence à un trèfle d’Alexandrie. Un mélange d’avoine brésilienne associée également à du trèfle d’Alexandrie ou d’un mélange de vesce et pois fourrager est une option intéressante pour une valorisation en fauche. Et pour innover ou redécouvrir, pensez au colza fourrager associé ou pas à un RGI.

N’hésitez pas à vous rapprocher  de vos conseillers fourragers pour vous aider dans votre choix.

Témoignage

Exploitation du Lycée de Neubourg (27)

L'exploitation du lycée de Neubourg (27) compte un troupeau de 55 vaches Prim'Holstein et Normandes. Le pâturage a commencé le 26 mars cette année, 10 jours plus tard que 2017. Les vaches laitières pâturent sur 13,70 ha autour de la ferme en pâturage tournant sur 10 paddocks de 0,90 à 2,40 ha, le silo de maïs n'est pas fermé. En moyenne, il reste 6 kg de MS de maïs distribués à l'auge entre avril et juin. "Les vaches avaient 13 kg brut de maïs pour une production de 24 litres, mais comme l'herbe ne pousse plus et il ne reste que des petits épis, nous venons d'augmenter à 18 kg brut/VL/j. Nous avançons petit à petit sur la conduite des prairies et du pâturage, il y a 2 ans nous avons recoupé 3 grandes parcelles de 1,80 ha chacune, pour avoir 6 paddocks de 0,90 ha, afin de limiter les épis et les refus. Cela paie aujourd'hui, les prairies sont plus homogènes, nous gaspillons moins et plus de fourrage a été récolté en ensilage. Prochaine étape le redécoupage de la parcelle de 2,40 ha."

Thierry JEULIN - Chambres d’Agriculture Normandie