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Bas Carbone et contributions positives de l’Elevage

L’élevage est certes, source d’émissions de gaz à effet de serre (GES) mais il est le seul à stocker du carbone.

Encore un sujet d’importance parmi bien d’autres pour les éleveurs : le Bas Carbone! Sujet difficile à aborder sans que les raccourcis médiatiques ne les amènent au sentiment d’être une fois de plus sur le banc des accusés. L’élevage est certes, source d’émissions de gaz à effet de serre (GES) mais il est le seul à stocker du carbone, 15 % des émissions sont compensées en Normandie et un élevage laitier normand nourrit en moyenne 2236 personnes ! De quoi avoir la positive attitude !

Le programme Life Carbon Dairy, arrivant à échéance en juin 2018, livre des enseignements précieux basés sur le suivi sur 5 ans de près de 4000 élevages laitiers. Explications.

Le lien entre environnement et économie confirmé

Sur l’ensemble des 60 fermes innovantes ayant réalisé et chiffré un plan carbone sur 3 ans effectifs dont 10 normandes, force est de constater le lien étroit qu’il existe entre réduction des GES et efficacité économique. En moyenne, baisser les émissions de GES de 1% revient à diminuer ses charges opérationnelles de 1€/1000 litres (source: études économiques BCEL OUEST). Cette moyenne masque des écarts importants entre élevages ayant les plus faibles émissions brutes et ceux ayant les plus fortes à près de 30€/1000 litres.

Cela passe par l’efficience technique redoublée sur les exploitations. En effet, 7 fermes sur 10 ont principalement travaillé sur l’autonomie protéique avec implantation ou augmentation de la part des légumineuses et des méteils et l’ont augmenté de 5 %.

6 fermes sur 10 ont diminué l’utilisation de concentrés de 36 g/l en moyenne passant de 170 g/l en début de projet à 134 g/l en moyenne en fin. Par ailleurs, l’autre axe de travail technique a été la réduction du nombre d’animaux improductifs en travaillant notamment sur l’âge au premier vêlage (1 mois de gagné en moyenne). Cet axe demande une technicité supplémentaire (rationnement, pesées,…). A noter que la non maîtrise du nombre d’animaux improductifs sur une exploitation peut augmenter ses émissions de GES de 10 à 15 % ! 6 fermes sur 10 ont aussi amélioré leur gestion du pâturage et augmenté leur rendement d’herbe valorisé de 0.4 tonnes de Matière Sèche/ha.

En moyenne donc sur les 3 années de suivi, les 10 fermes innovantes normandes ont diminué de 6 % leur empreinte carbone. L’optimisation du système est bien la clé pour obtenir de bons résultats environnementaux et dans tous les cas il s’agit bien de produire du lait avec des fourrages équilibrés sans gaspiller !

Des contributions positives dont il faut parler

Les chiffres parlent d’eux-mêmes ! L’élevage laitier normand moyen émet 843 tonnes eq CO2/ an et 386 kg de carbone sont stockés par ha/an. En comparaison, un français émet en moyenne 10,7* tonnes d’équivalent CO2/ an. (*source: commissariat général au développement durable, 2017). En d’autres termes, l’élevage laitier Normand émet moins de GES que 79 personnes. Il nourrit 2236 personnes et permet d’entretenir 156 ha de SAU de biodiversité.

Vers un crédit carbone

L’élevage laitier outre son caractère émetteur peut donc être apporteur de service notamment sur son territoire. En cela, des perspectives via un « Crédit Carbone » s’ouvrent aux éleveurs. En effet, l’Interprofession laitière (CNIEL) travaille actuellement à la rédaction d’une méthodologie dans le cadre du « Projet Vocable » qui sera soumise au Ministère d’ici le mois de juin de cette année. S’il est encore trop tôt pour donner des chiffres, diverses questions se posent d’ores et déjà : Quelle sera la base de calcul pour le rachat du crédit carbone par des entreprises ? Les efforts réalisés entre deux diagnostics seront-ils pris en compte ? Qu’en est–il de ceux qui travaillent déjà bien ?

Quoi qu’il en soit, du côté des entreprises, l’intérêt se fait déjà ressentir. Ainsi, dans la perspective d’une compensation de ses émissions de carbone la Banque Postale, par exemple, a engagé un projet de partenariat pour financer du conseil à partir d’un diagnostic auprès de 20 éleveurs du Grand Ouest et du Grand Est.

Lors du colloque « Ferme bas Carbone normande » du 5 avril dernier en Normandie, les éleveurs ont pour la plupart découvert l’ensemble des arguments positifs développés ci-dessus ! De fait, et y compris sur l’aspect environnemental, l’élevage doit affirmer, sous quelque forme que ce soit, ses nombreux atouts et les communiquer auprès des consommateurs. De quoi appréhender plus sereinement ce nouvel enjeu !