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Les années se suivent mais ne se ressemblent pas

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Semaine 15 - La baisse de température de la semaine dernière ajoutée au vent à fait ralentir la pousse de l’herbe.

Suivi de la croissance

La pousse moyenne régionale atteint les 41kg de MS/ha/j cette semaine contre 43kg de MS/ha/j. Cette légère  diminution de la croissance par rapport à la semaine dernière est due aux quelques gelées du début de la semaine dernière suivi par un redoux accompagné de vent.  La pousse de l’herbe se fait donc attendre !

S’aider des hauteurs d’herbes et des jours d’avances pour prendre des décisions.

La croissance de l’herbe étant faible, dans les exploitations ayant une majorité d’hauteur d’herbe inférieure à 8cm (soit à la hauteur du talon), et donc avec peu de jours d’avance, il ne faut pas cesser d’affourager pour laisser un temps de repos de 3 semaines entre deux tours de pâturage. Cela permet de laisser le potentiel de croissance s’exprimer, surtout si les conditions météorologique du mois d’Avril ne sont pas favorable à la pousse de l’herbe.

Par contre dans les exploitations ayant une majorité de parcelle à plus de 13 cm (soit au-dessus des chevilles), il ne faut pas hésiter à diminuer l’affouragement ou à débrayer les parcelles pour la fauche.

Comment calculer les jours d’avance ?

Voici un exemple pour calculer vos jours d’avance :

Un paddock fait 1,5 ha avec une hauteur d’herbe de 10cm herbomètre. Pour ne pas surpâturer, les animaux doivent sortir à 5cm. Il y a donc 9-5= 5cm d’herbe consommable.

Avec une densité moyenne de l’herbe de 250 kg de MS/cm/ha, il y a 250 x 5 cm x 1,5 ha = 1875 kg de MS d’herbe disponible.

Le lot d’animaux représente 25 UGB. Une UGB consomme 17 kg MS/jour au pâturage. Ce lot consomme donc 425 kg MS par jour.

Avec 1875 kg de MS d’herbe disponible, le paddock peut nourrir ce lot pendant (1875/425) = 4,4 jours

Le dactyle et la fétuque en plein boom !

Les dactyles et les fétuques qui n’ont pas été déprimés épient tôt en saison. Afin de limiter la montaison, n’hésitez pas à débrayer ces parcelles pour les animaux à faibles besoins ou envisager une fauche précoce.

Pour les élevages allaitants

Dans les exploitations disposant de 15 jours d’avance, les animaux doivent être sortis afin de commencer le premier tour de pâturage. Plus le premier tour de pâturage est tardif, plus vous risquez d’être débordé par l’herbe lors des croissances les plus élevées. Attention cependant aux prairies qui ont été surpâturées à l’automne. Attendez le redémarrage de la croissance sur ces parcelles avant d’y sortir les animaux.

Témoignage

Emilie Mace, éleveuse d’ovins à Beuzeville (27)

La pousse de l’herbe a continué tout au long de l’hiver, ce qui a permis de diminuer la distribution de foin. Par contre, au printemps, l’herbe ne pousse pas comme les autres années. Avec le vent et le sec, la croissance est ralentie.

De plus, l’herbe est de moins bonne qualité car contrairement à l’année dernière, le lot d’agneaux qui sont nés en février est moins homogène. Et comme les agneaux sont moins beau, je ne fais pas gratter les brebis ce qui laisse plus de résidus sur les parcelles. Actuellement les brebis et leurs agneaux restent deux jours par paddock, mais elles pourraient rester trois jours.

Le pâturage tournant  mis en place uniquement sur les brebis a été reconduit de la même manière que l’an dernier car cela a très bien fonctionné. J’ai fait le double de récolte de foin par rapport à 2017 !

La nouveauté de cette année est le redécoupage du deuxième ilot, ce qui permet aussi aux agnelles de profiter du pâturage tournant dynamique.

 

Claire Douine, Chambre d’agriculture de Normandie